Il y a une règle non écrite dans le staff du Paris Saint-Germain depuis l’été 2023. Une règle que personne ne formule à voix haute, mais que tout le monde a fini par comprendre : à chaque intersaison, au moins deux membres de l’encadrement technique feront leurs valises. Peu importe les liens. Peu importe l’histoire.
C’est acté, et le départ d’Aitor Unzué en est la démonstration la plus éloquente. Le jeune Espagnol de 33 ans, d’abord second adjoint de Luis Enrique avant d’être repositionné en analyste vidéo, a quitté le club à l’automne 2024 — ou plutôt, a été amené à le faire. Ce qui rend ce cas particulier ? Aitor est le fils de Juan Carlos Unzué, l’un des amis les plus proches du coach depuis leurs années barcelonaises. Personne ne l’avait vu venir.
Une philosophie de la régénération
Depuis son arrivée au Parc des Princes, Lucho a appliqué à son propre staff la logique qu’il impose à son effectif : la concurrence permanente, la remise en question systématique, l’absence de confort acquis. En deux ans et demi, une demi-douzaine de salariés ont ainsi quitté leurs fonctions ou changé d’affectation. Ce n’est pas un accident de parcours. C’est un système.
Selon nos informations, le technicien catalan considère que le renouvellement régulier du staff empêche l’installation de routines, évite les clans, et maintient un niveau d’exigence élevé à tous les étages. Un modèle importé de ses années à la tête de la Roja, où il avait déjà procédé par cycles courts.
La crainte, envers de la légitimité
La méthode fonctionne — les résultats sportifs en témoignent, Ligue des champions 2025 à l’appui. Mais elle a un prix. En interne, l’ambiance n’est pas tout à fait celle d’une grande famille. Chacun avance sur la pointe des pieds, conscient que la prochaine intersaison pourrait être la sienne. La pilule est dure à avaler pour ceux qui avaient misé sur la loyauté comme monnaie d’échange.
Luis Enrique, lui, ne s’en excuse pas. Son discours est limpide : l’efficacité prime sur la fidélité. Le cas Unzué l’a prouvé mieux que n’importe quel discours de vestiaire. Quand vient l’heure de trancher, les amitiés ne pèsent pas lourd dans la balance.
Ce management-là renforce indéniablement son autorité au sein du club. Nul ne peut l’accuser de favoritisme. Mais il installe aussi une forme de tension diffuse — celle d’une équipe qui performe, certes, mais qui sait que rien n’est jamais vraiment acquis. Même pour ceux qui dorment bien.