Une opération marketing ratée l’été dernier. C’est le point de départ d’une brouille qui empoisonne aujourd’hui le vestiaire de l’Olympique de Marseille à deux journées de la fin du championnat.
La scène se passe à l’été 2025. L’OM prépare une opération commerciale avec son équipementier. Mason Greenwood, meilleur buteur du club, est sollicité pour y participer. Il décline. Une décision anodine en apparence, mais qui va laisser des traces bien au-delà du tournage manqué.
Medhi Benatia ne l’a pas digéré.
Depuis cet incident, selon les informations de L’Équipe, l’attaquant anglais et le directeur sportif de l’OM ne s’adressent plus la parole. La fracture est totale, la communication rompue. Dans un club déjà sous pression, ce silence entre deux figures centrales de l’organisation prend une dimension particulièrement toxique.
Un leader muet dans un vestiaire qui coule
Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, c’est le contexte dans lequel elle éclate. L’OM est actuellement septième de Ligue 1, hors de toute qualification européenne. Habib Beye, arrivé en urgence sur le banc en février 2026 pour remplacer Roberto De Zerbi, n’a pas réussi à enrayer la chute. Et Greenwood, lui, traverse une panne sèche alarmante : six matchs sans marquer, son dernier but remontant au 7 mars contre Toulouse.
Sur le terrain, la star anglaise semble absente. En dehors, elle l’est peut-être tout autant.
Pour le journaliste Pierre Ménès, le diagnostic est sévère : « Je pense qu’il y a beaucoup de joueurs, Greenwood en tête, qui ne supportent plus Benatia. Un divorce est consommé entre les joueurs et le directeur sportif. » Des mots qui font l’effet d’une bombe dans un club qui avait placé tant d’espoirs dans cette saison.
Le symbole d’une crise plus profonde
L’affaire Greenwood-Benatia ne serait qu’un symptôme parmi d’autres d’un malaise généralisé. Depuis l’officialisation du départ de Benatia à l’issue de la saison — annoncé publiquement par Frank McCourt — le directeur sportif marocain gère un club en fin de règne. Son autorité est contestée. Sa relation avec plusieurs joueurs, dont certains étaient venus expressément pour jouer sous De Zerbi, s’est considérablement dégradée.
La mise au vert forcée imposée cette semaine à la Commanderie — prolongée plusieurs jours dans un contexte juridiquement contestable — n’a fait qu’accentuer les tensions. Loin de créer le déclic espéré, elle aurait, selon plusieurs sources, approfondi le fossé entre le vestiaire et la direction.
Un été de ruptures en vue
Pour Greenwood, la question de l’avenir se pose désormais ouvertement. Malgré 15 buts cette saison, son implication dans le collectif est remise en cause, et son départ cet été est évoqué comme une hypothèse sérieuse. Le Paris FC se serait d’ores et déjà renseigné sur sa situation, selon Le10Sport.
Benatia, lui, quittera l’OM dans quelques semaines. Sa succession fait déjà l’objet de rumeurs, avec notamment le nom de Frédéric Massara, ancien directeur sportif du Milan AC, qui circule avec insistance.
Il reste deux matchs à l’OM pour sauver ce qui peut encore l’être sportivement : d’abord au Havre ce samedi, puis face à Rennes le 17 mai au Vélodrome. Deux finales dans un club où les deux hommes censés incarner le projet ne se regardent déjà plus.
Une pub. Deux silences. Et un club qui se fracture.