Tout s’est accéléré ces dernières heures du côté de la Seleção. Et le scénario qui se dessine n’a rien d’une bonne nouvelle pour le numéro 10. Convoqué malgré une gêne au mollet, Neymar voit désormais son rêve de Coupe du monde vaciller — et ce, avant même le coup d’envoi.
Reprenons. Le 17 mai, lors d’un Santos-Coritiba conclu sur une lourde défaite (0-3), l’attaquant ressent une douleur. Rien d’inquiétant à première vue. La veille de l’annonce de la liste, personne, au Brésil, n’imagine alors que ce simple pépin musculaire deviendra l’affaire de tout un été.
C’est acté : à son arrivée en sélection, les examens ont parlé. Lésion de grade 2, deux à trois semaines d’arrêt selon le staff médical. Plus sérieux, donc, que ce que laissait croire le diagnostic initial. Du coup, le meilleur buteur de l’histoire de la Seleção manquera l’intégralité de la préparation. Et son entrée en lice face au Maroc, programmée le 13 juin, devient un point d’interrogation géant.
Un Ancelotti agacé par le flou médical
Coup de théâtre dans le dossier : Carlo Ancelotti n’apprécie pas, mais alors pas du tout, la manière dont les choses ont été gérées. Selon L’Equipe, l’ancien technicien du Real reproche à Santos un manque de transparence — ou plutôt une erreur d’appréciation médicale, le club s’étant d’ailleurs défendu par communiqué. La question qui fâche : le coach italien a-t-il appelé Neymar en sachant qu’il pourrait ne jamais commencer le tournoi ? Difficile à dire.
En voilà une rumeur qui va faire jaser dans les chaumières. Car l’hypothèse d’un forfait pur et simple n’est plus taboue. Le règlement FIFA autorise le sélectionneur à remplacer un joueur par un réserviste jusqu’à vingt-quatre heures avant le premier match. Or des éléments de qualité, à l’image de João Pedro, sont restés sur le carreau. De quoi nourrir les regrets si l’aventure de l’ancien Parisien tournait court.
Quinze jours pour tout changer
En accord avec ses médecins, Ancelotti a tranché : Neymar dispose de quinze jours supplémentaires pour revenir. Un sursis. Un dernier, peut-être. La consigne tient en deux mots : récupérer vite. « Bien manger, bien dormir », et laisser le corps faire le reste.
Mais que survienne la moindre complication, qu’aucun progrès ne soit constaté, et le verdict tombera sans état d’âme : retour à la maison. Le sélectionneur a jusqu’au 12 juin pour acter un changement définitif dans son groupe.
Reste l’image, cruelle, d’un joueur qui a tant attendu ce rendez-vous. À 34 ans, Neymar sait que les occasions de briller sous le maillot auriverde se comptent désormais sur les doigts d’une main. Voir ce Mondial lui échapper pour une blessure mal évaluée serait un crève-cœur.
La pilule serait amère à avaler. Pour lui, comme pour tout un peuple qui rêvait de le revoir danser sur les pelouses américaines. Le feuilleton, lui, est loin d’être refermé.