Miguel Almiron est devenu, dans la nuit du 19 au 20 juin, le tout premier joueur expulsé en application de la nouvelle « loi Vinicius ». Une première historique survenue lors de Paraguay-Turquie, au Mondial 2026.
Il y a quelques mois encore, le geste serait passé totalement inaperçu. Un joueur qui glisse un mot à un adversaire en masquant ses lèvres, ça arrive cent fois par match. Sauf que les temps ont changé. Entrée en vigueur pour cette Coupe du monde, la fameuse « loi Vinicius » interdit désormais de se couvrir la bouche face à un rival, le geste valant présomption de propos déplacés. Et personne, manifestement, n’avait vu venir une première application aussi rapide.
Le verdict est tombé à la 45e+3. Lors d’une échauffourée avec le latéral turc Mert Müldür, l’ailier paraguayen est filmé en train de parler, main devant la bouche. Les Turcs protestent aussitôt auprès de l’arbitre salvadorien Ivan Barton. Appelé par la VAR, ce dernier visionne les images, puis n’hésite pas : carton rouge direct. À ce jour, on ignore d’ailleurs ce qu’Almiron a réellement dit à son adversaire — le règlement, lui, sanctionne le geste, pas le propos. Réduit à dix au stade californien Levi’s, le Paraguay s’imposera tout de même (1-0), éliminant au passage une Turquie déjà au bord du précipice.
Reste à comprendre d’où sort cette règle. Tout part de l’affaire Vinicius Junior, en février, lors d’un barrage de Ligue des champions entre Benfica et le Real Madrid. L’attaquant brésilien avait accusé l’Argentin Gianluca Prestianni d’insultes racistes, proférées là encore bouche cachée. Prestianni a toujours nié. N’empêche : la FIFA et l’IFAB ont tranché, et c’est Almiron qui en paie le premier le prix. Le feuilleton ne fait que commencer.