Cinq heures de débats, une motion adoptée, et un désaveu net. Le Sénat du Paraguay a fini par siffler la fin de la récréation dans l’affaire qui oppose la sénatrice Celeste Amarilla au capitaine des Bleus. Sans convaincre l’intéressée de se taire.
Il aura fallu une longue séance — cinq heures, tout de même — pour que la chambre haute du Congrès paraguayen tranche. Selon les informations rapportées par Le Parisien, les sénateurs ont adopté à la majorité une motion exprimant leur « rejet absolu » de toutes les formes de racisme et de discrimination. Les propos de leur collègue ? Qualifiés de discriminatoires et racistes. Et surtout, précise le texte, ils n’engagent qu’elle.
Traduction politique : le Paraguay institutionnel prend ses distances. Vite.
Retour sur une escalade qui n’en finit plus
Rappel des faits, parce que le feuilleton dure depuis l’élimination du Paraguay face à la France (0-1) en huitièmes de finale du Mondial 2026. Celeste Amarilla, 61 ans, s’en était prise à Kylian Mbappé (27 ans) dans des termes qui avaient immédiatement fait le tour des rédactions sud-américaines et européennes.
Depuis, chaque semaine ou presque apporte son épisode. Une lettre ouverte, d’abord, mélange d’interprétations pour le moins hasardeuses et de menaces judiciaires. Puis une insulte lancée en pleine séance parlementaire, visant directement l’attaquant du Real Madrid. Jeudi enfin, son avocat a franchi un cap supplémentaire : accusation de diffamation contre le capitaine français, assortie d’une menace d’extradition vers le Paraguay. Rien que ça.
« Aucune intention » de reculer
Le désaveu de ses pairs n’a visiblement rien changé. Interrogé par un quotidien régional jeudi soir, son conseil a été catégorique : sa cliente n’a « aucune intention » de faire marche arrière et ne se rétractera pas.
Côté français, la ministre des Sports Marina Ferrari a confirmé avoir reçu les excuses du gouvernement paraguayen, lequel a assuré que ces sorties ne correspondaient en rien aux valeurs du pays. La ministre a aussi glissé un avertissement à peine voilé sur les futurs voyages de la sénatrice dans l’Hexagone : sans employer la formule « persona non grata », elle a laissé entendre que l’accueil serait, disons, plutôt frais.
Détail savoureux : Amarilla avait elle-même raconté avoir passé Noël à Courchevel et le Nouvel An à Saint-Tropez, histoire de prouver son attachement à la France. Tout en tirant à boulets rouges sur Mbappé. Cherchez la logique.
Mbappé répond là où ça compte
Pendant que le Sénat paraguayen délibérait, le capitaine des Bleus faisait son boulot. Un but, une passe décisive contre le Maroc (2-0) jeudi. La France avance, Mbappé plane, et l’affaire ne semble pas peser un gramme sur sa quête d’un titre mondial.
Il y a des réponses qui se passent de communiqué.
Madame Celeste Amarilla,
— Kylian Mbappé (@KMbappe) July 6, 2026
Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction.
Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition. Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà… pic.twitter.com/EnYmgQXvPL