À Las Vegas, dimanche 25 mai, le nageur grec Kristian Gkolomeev a réalisé l’impensable : parcourir le 50 m nage libre en 20 sec 81, soit plus vite que le record du monde officiel. Problème : c’était lors des Enhanced Games, une compétition où le dopage est autorisé. Un million de dollars à la clé — et une polémique mondiale.
Il y a des performances qui auraient dû faire le tour du monde. Celle-ci le fait, mais pas pour les bonnes raisons. Dimanche soir à Las Vegas, dans une salle vrombissante, Kristian Gkolomeev a bouclé le 50 m nage libre en 20 sec 81 — soit sept centièmes de moins que le record du monde officiel de Cameron McEvoy, établi en mars dernier (20 sec 88). Sur le papier, c’est exceptionnel. Dans les faits, ça ne compte pas.
Tout s’est accéléré lors de la dernière épreuve de la soirée : Gkolomeev, seul athlète de la journée à dépasser un record du monde (les organisateurs en avaient promis plusieurs), a nagé avec une combinaison intégrale en polyuréthane — interdite en compétition officielle — et dans un contexte où testostérone, hormone de croissance, stéroïdes anabolisants et autres peptides sont non seulement tolérés, mais encadrés. La prime d’un million de dollars lui a été remise sur le champ. « C’était une superbe course… Je l’ai fait », a-t-il déclaré. « Je vais continuer. Peut-être que l’année prochaine, je le battrai à nouveau. » La pilule est dure à avaler pour les instances du sport mondial, qui ont unanimement refusé de reconnaître la performance.
Le verdict est tombé vite et sans appel : les fédérations internationales ne valideront pas ce record, ni aucun autre issu des Enhanced Games. Ces Jeux « améliorés » sont dénoncés comme dangereux pour la santé des athlètes. Mais l’affaire pose une question gênante : jusqu’où peut aller la performance humaine quand toutes les barrières tombent ? Personne ne semblait prêt à y répondre franchement, dimanche soir dans le Nevada.