Douze partis, trois rentrés. L’arithmétique se passe de commentaire. Neuf membres de la délégation cubaine de canoë ont fait défection lors de leur déplacement au Canada, selon une source proche du dossier interrogée jeudi par l’AFP.
Les intéressés disputaient à Montréal, du 9 au 16 juillet, la troisième manche de la Coupe du monde ainsi que le Championnat panaméricain de canoë de vitesse et de paracanoë. Une compétition comme une autre. Ou plutôt, pour certains, une porte de sortie.
Du côté officiel, silence radio : ni l’INDER, l’institut national des sports, ni la fédération cubaine de canoë n’ont pris la parole.
Difficile de dissocier l’épisode du climat qui règne sur l’île. Cuba, privée de pétrole américain depuis plus de cinq mois, s’enfonce dans une crise économique, énergétique et sociale d’une rare intensité — carburants, denrées et médicaments manquent, et les coupures de courant paralysent jusqu’aux services essentiels.
Le scénario, malheureusement, n’a rien d’inédit. Entre 2021 et 2023, alors qu’une vague migratoire sans précédent vidait le pays, le sport de haut niveau avait payé un lourd tribut. Souvenez-vous d’octobre 2021 : la sélection de baseball des moins de 23 ans rentrait du Mexique avec douze joueurs sur vingt-quatre.
