Le nom est lâché, et il pèse lourd. Alors qu’Achraf Hakimi vient d’être renvoyé devant la justice pour viol — une accusation qu’il conteste fermement —, l’avocate du joueur a évoqué la présence probable d’un témoin de premier plan à l’audience : Kylian Mbappé.
Reprenons depuis le début. Le vendredi 19 juin, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a confirmé le renvoi du défenseur du Paris Saint-Germain devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. En clair : il sera jugé. Les faits reprochés remontent à 2023, le joueur de 27 ans a toujours nié, et le procès est attendu pour 2027. Voilà pour le cadre, posé par la justice elle-même.
C’est dans ce contexte que Me Fanny Colin, conseil d’Hakimi, s’est exprimée sur BFM TV. Selon elle, le capitaine des Bleus — proche du Parisien — sera selon toute vraisemblance appelé à la barre. « Je pense qu’il sera cité comme témoin au procès, bien sûr », a-t-elle déclaré. Mbappé n’est pas un inconnu du dossier : il avait déjà été entendu durant l’enquête, dès 2023.
Pourquoi sa parole compte-t-elle autant ? La réponse tient à une histoire d’interprétation. D’après l’avocate, l’attaquant du Real Madrid aurait livré aux enquêteurs une version qu’il estime ensuite avoir été mal comprise par le magistrat instructeur. Mbappé aurait alors tenu à préciser, en substance, que son propos avait été déformé — ni ce qu’il avait dit, ni ce qu’il voulait dire, selon les termes rapportés par sa défense. Ou plutôt, par la défense d’Hakimi, puisque c’est elle, et elle seule, qui porte aujourd’hui ce récit sur la place publique.
Nuance essentielle. Tout ce qui précède émane des avocats de l’accusé. Ce n’est ni la position du parquet, ni celle de la partie civile, ni une déclaration récente de Mbappé lui-même. La présomption d’innocence demeure entière pour Achraf Hakimi, tant qu’aucune décision définitive n’a été rendue.
Le calendrier, lui, ne joue pas en faveur de la sérénité du joueur. Le défenseur dispute actuellement la Coupe du monde 2026 avec le Maroc. Difficile, dans ces conditions, de faire totalement abstraction d’une procédure qui le suivra jusqu’en 2027 — sur le terrain comme en dehors. Sur les réseaux sociaux, l’intéressé a redit son innocence.
Reste une certitude, à ce stade : la cour d’appel a estimé qu’il existait « des charges suffisantes » pour justifier la tenue d’un procès. Une formule juridique, sobre, mais qui acte une étape. Le dossier suivra désormais son cours devant la cour criminelle.
Quant à Kylian Mbappé, son éventuelle convocation transformerait l’audience en moment hautement scruté. Témoin, et rien d’autre — il n’est mis en cause à aucun titre dans cette affaire. Son rôle se limiterait à éclairer la justice sur une conversation passée. Le reste appartiendra aux juges, et à eux seuls.
