Le Clásico français délocalisé au fin fond du Golfe pour le Trophée des Champions ce jeudi 8 janvier : un non-sens total ? Fatigue des joueurs, calendrier infernal et scandale écologique s’accumulent pour torpiller cette opération prestige qui sent l’argent plus que le sport.
Folie logistique au milieu du typhon calendaire
Roberto De Zerbi, l’entraîneur marseillais, n’a pas mâché ses mots : jouer à 6 000 km de France, au Jaber Al-Ahmad Stadium de Koweït City, répond à une « logique économique » et non sportive. L’OM, laminé 0-2 à Nantes dimanche, a déjà filé au Koweït ce lundi, tandis que le PSG prépare son voyage après sa victoire 2-1 dans le derby parisien face au Paris FC. Avec 5h50 de vol direct (4500 km), le décalage horaire de +2 heures et huit absents confirmés côté parisien, ce périple tombe en plein marathon : sept matchs en 24 jours pour Paris (dont LDC face à Sporting le 20), huit pour Marseille (Liverpool le 21). Une hérésie pour la récupération des athlètes au cœur de la saison.
Écocide : le prix vert d’un caprice
Pire, l’empreinte carbone explose : un charter Paris-Koweït émet 260 à 520 tonnes de CO2e par équipe aller-retour (1,3 tonne par passager), doublé par les effets hors CO2 en haute altitude. Le foot français crache déjà 1,8 million de tonnes annuelles, dont la moitié en avion ; ce match délocalisé, comme ceux au Qatar ou Maroc avant lui, défie les appels de Greenpeace et du Shift Project à verdir le sport. La LFP vante rayonnement et partenariats golfeux, mais sans compensation carbone publique ni mea culpa : un paradoxe flagrant quand le ballon rond prône la transition verte.
Opération com’ à 19h précises, prestige 0
Reporté de l’été 2025 pour ménager le PSG, ce Trophée à 19h françaises (21h locales) promet prestige international, mais au prix d’un calendrier « infernal » – Lens leader à un point pour Paris, l’OM 3e à 7 longueurs. Des absents à la CAN aggravent le tableau. Les clubs participent malgré tout, attirés par l’aura, mais De Zerbi et les fans hurlent au scandale : pourquoi ne pas jouer en France, comme au bon vieux temps ?
Le Classique sacrifié sur l’autel du business
En bout de course, ce PSG-OM koweïtien cristallise les maux du foot moderne : délocalisations lucratives, épuisement des troupes et déni climatique. Désiré Doué promet la guerre, mais à quel prix ? Reste à voir si le terrain, à 5000 km du Vélodrome ou du Parc, accouchera d’un spectacle ou d’un symbole d’absurdité. Le Clásico mérite mieux qu’un charter polluant et un voyage absurde.