Un mouvement inédit secoue le monde du sport : un collectif de 48 athlètes de renom, comprenant notamment Paul Pogba, Hakim Ziyech, l’ancien international anglais de cricket Moeen Ali et Sam Morsy, a signé une pétition appelant à l’exclusion d’Israël de toutes les compétitions sportives internationales.
Cette démarche intervient dans un contexte de conflit intense à Gaza, déclenché en octobre 2023, qui a aggravé la crise humanitaire et suscité une prise de position forte des sportifs, dénonçant notamment ce qu’ils qualifient de crimes de guerre et blocus inhumain contre le peuple palestinien.
La pétition, publiée sous l’égide du collectif « Athletes 4 Peace », met une pression directe sur les instances dirigeantes du football mondial. Elle exhorte l’UEFA, déjà engagée dans des discussions pour suspendre Israël de ses compétitions, à franchir le pas et à prendre une décision historique similaire à celle adoptée contre la Russie après son invasion en Ukraine. La FIFA est également dans la ligne de mire, avec des appels à interdire la participation d’Israël à la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Les signataires insistent sur le rôle du sport qui, selon eux, ne doit pas être dissocié des enjeux politiques et humanitaires majeurs.
Ce mouvement rassemble des athlètes de diverses disciplines et nationalités, unis par un message fort : « Le sport doit défendre la justice, la dignité humaine et ne pas servir à normaliser les violations des droits humains. » La mort récente de Suleiman al-Obeid, surnommé le « Pelé palestinien », lors d’une attaque israélienne sur des civils, a profondément marqué les signataires, renforçant leur détermination. Certains pays comme la Turquie ont également fait publiquement pression pour l’exclusion d’Israël, tandis que d’autres voix, comme celle de l’Espagne, menacent de boycotter la Coupe du Monde si Israël y participe aux côtés de leurs équipes.
Toutefois, la situation reste complexe face aux pressions diplomatiques, notamment des États-Unis qui promettent de défendre Israël au sein des instances sportives internationales. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, en relations étroites avec la Maison Blanche, semble peu enclin à soutenir une suspension, ce qui laisse planer un doute sur la décision finale qui sera prise lors des votes à venir au sein des comités exécutifs de l’UEFA et de la FIFA. Ce débat crucial ouvre une réflexion sur la place du sport face aux conflits géopolitiques et aux responsabilités morales des institutions sportives mondiales.
