Leonardo règle ses comptes : « Le PSG existait avant Kylian Mbappé et il existera après lui. »

Leonardo - Icon Sport

En juillet 2023, Leonardo lâchait cette phrase dans L’Équipe, moqué par beaucoup, incompris par presque tous. Trois ans plus tard, le PSG s’apprête à disputer sa deuxième finale de Ligue des Champions consécutive sans Mbappé, pendant que le Real Madrid galère avec lui. Le Brésilien avait tout vu.

C’était l’été 2023. Kylian Mbappé faisait la pluie et le beau temps au PSG, refusant de prolonger, paralysant le projet sportif, et Leonardo, son ancien directeur sportif — limogé quelques heures après la prolongation polémique de Mbappé en mai 2022 — brisait l’omerta dans les colonnes de L’Équipe. « Pour le bien du PSG, je pense que le moment est venu que Mbappé parte, peu importe la manière. Le Paris-Saint-Germain existait avant Kylian Mbappé et il existera après lui. Cela fait six ans qu’il est à Paris et, sur ces six saisons, cinq clubs différents ont remporté la Ligue des champions — le Real Madrid, Liverpool, le Bayern Munich, Chelsea et Manchester City — aucun ne comptait Mbappé dans ses rangs. Cela veut dire qu’il est tout à fait possible de gagner cette compétition sans lui », martelait-il. Il allait encore plus loin dans son analyse : il révélait avoir été favorable à une vente de Mbappé dès l’été 2021, quand le Real Madrid avait formulé une offre et que le joueur n’avait plus qu’un an de contrat : « Comment est-ce gérable après ? Si tu perds un joueur, c’est embêtant, mais le club ne va pas mourir. Quelle grande institution s’est effondrée en perdant un joueur ? Aucune. » À l’époque, ces mots avaient été accueillis avec scepticisme. Certains y voyaient de l’amertume. L’histoire en a décidé autrement.

La réalité de 2026 est un camouflet cinglant pour tous ceux qui avaient raillé Leonardo. Depuis le départ de Mbappé au Real Madrid à l’été 2024, le PSG a remporté la Ligue des Champions 2024-2025, en dominant l’Inter Milan 5-0 en finale, et s’apprête à disputer une deuxième finale consécutive, face à Arsenal le 30 mai à Budapest. Le club de la capitale a éliminé successivement Chelsea en huitièmes, Liverpool en quarts, puis le Bayern Munich en demi-finales sur un score cumulé de 6-5, dans une campagne européenne de très haute volée. Sans Mbappé, Luis Enrique a construit un collectif soudé, polyvalent, insubmersible. À l’inverse, le Real Madrid, malgré le talent individuel de son attaquant français, n’a pas réussi à soulever de trophée majeur ces deux dernières années et a subi deux éliminations consécutives en quarts de finale de la Ligue des champions. Le paradoxe est total, la démonstration implacable.

Leonardo n’était pas seulement amer. Il était lucide. Il avait formulé le diagnostic le plus précis qui soit : « Avec son comportement ces deux dernières années, Mbappé démontre qu’il n’est pas encore un joueur capable de guider vraiment une équipe. Il est un grand joueur, pas un leader. Il est un grand buteur, pas un créatif. C’est difficile de construire une équipe autour de lui. » Trois ans après, Mbappé multiplie les polémiques au Real Madrid — altercation avec Valverde, tempête médiatique, blessures répétées — pendant que Dembélé, Vitinha, Doué et Neves font danser toute l’Europe en rouge et bleu. L’ancien directeur sportif brésilien, celui-là même à qui on avait reproché d’avoir cédé à tous les caprices du joueur, était en réalité le premier à avoir compris que Mbappé était un problème structurel, pas une solution. Dans le football, les vrais visionnaires ne font pas toujours le buzz. Parfois, il leur faut juste du temps.

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