Le jour où Johan-Olav Botn est tombé nez à nez avec la mort de son coéquipier

Johan-Olav Botn - Icon Sport

Ce 3 décembre restera gravé dans la mémoire du biathlète norvégien Johan-Olav Botn. Ce matin-là, le sport a brutalement cédé la place à l’irréversible, dans le silence d’une chambre de montagne.

Les mots sont venus difficilement. Johan-Olav Botn, sacré ce matin champion olympique de l’Individuelle devant le Français Eric Perrot, a raconté, d’une voix posée mais brisée, comment il a trouvé son ami Sivert sans vie, quelques minutes avant leur sortie à ski. Un geste banal — chercher les clés de la voiture — s’est transformé en cauchemar figé. On parle souvent de la force mentale des athlètes, mais rien ne prépare à ce genre de choc. Soudain, plus de compétition, plus d’entraînement. Juste ce vide absolu.

Entre glace et sidération

Ce matin-là, la panique a pris le dessus. Incapable de joindre les secours, Botn court dehors, cherche une aide qui tarde à venir, pendant que le temps s’étire comme un élastique trop tendu. Les secours arriveront, trop tard évidemment. Il dira plus tard qu’il a reconnu « le visage blême » de son coéquipier et compris, sans vouloir y croire, que tout était fini. Il ne reste alors que la sidération, cette étrange léthargie émotionnelle qui s’installe quand le corps refuse la réalité.

Et pourtant, la vie sportive continue ailleurs, dans d’autres vallées, sous d’autres ciels glacés. Mais pour Botn, depuis ce jour, il y a un avant et un après. On le devine dans ses mots, dans les silences entre deux phrases. Ce genre d’épreuve ne s’efface pas, même quand la neige recouvre tout.

Quitter la version mobile