“Je n’en ai rien à secouer” : trois ans après sa phrase choc sur Zidane, Le Graët sort du silence !

Noël Le Graët - Icon Sport

Deux ans après la tempête, Noël Le Graët tente de remettre les pendules à l’heure. L’ancien président de la Fédération Française de Football, dont la chute s’est accélérée après sa fameuse phrase sur Zinedine Zidane, livre aujourd’hui sa version d’un dérapage resté dans les mémoires.

En janvier 2023, ses mots avaient fait l’effet d’une bombe. Interrogé sur l’avenir de Zinedine Zidane, pressenti par certains pour reprendre les Bleus en cas de départ de Didier Deschamps, Noël Le Graët avait dégainé sans filtre : « Je n’en ai rien à secouer, il peut aller où il veut. » La sentence, brute et désinvolte, avait enflammé l’opinion et précipité la fin d’un long règne à la tête de la FFF. Aujourd’hui, le Breton s’explique.

Une défense mal comprise

Dans un entretien accordé à Carré, Le Graët assure que sa sortie n’avait rien de personnel contre Zidane. « J’ai dit ça parce que je venais de prolonger Didier Deschamps, et on m’est tombé dessus, raconte-t-il. Tout le monde me répétait qu’il fallait Zidane. Moi, je voulais simplement rétablir un peu de justice pour un sélectionneur qui venait encore d’amener la France en finale de Coupe du monde. »

L’ancien patron du foot français dit avoir présenté des excuses à Zidane, mais regrette l’emballement médiatique. « J’ai demandé pardon parce que ça a été tellement monté en épingle… Mais ce n’était pas une attaque. Je voulais défendre Didier, pas blesser Zinédine. »

Ce plaidoyer tardif s’inscrit dans une volonté plus large de restaurer une image ternie par la polémique et par la série de critiques qui ont suivi. Pour Le Graët, cette affaire a symbolisé la fin d’une époque — celle d’un dirigeant au franc-parler que beaucoup jugeaient à la fois direct et déconnecté.

« Je ne regrette pas grand-chose »

S’il reconnaît la maladresse, Le Graët ne renie rien de sa franchise. « Si je devais regretter toutes les bêtises que j’ai pu dire dans ma vie, on n’en finirait plus », lâche-t-il, fidèle à son ton sans détour. Il insiste surtout sur un point : selon lui, la décision de prolonger Deschamps était partagée par la quasi-totalité du football français.

Mais ce jour-là, les mots ont dépassé la pensée. Le président, déjà fragilisé par d’autres affaires, n’a pas résisté à la vague d’indignation. Quelques semaines plus tard, il quittait son poste, contraint de tourner la page d’un long mandat marqué autant par des succès sportifs que par une fin controversée.

Deux ans après, Le Graët tente de replacer son fameux dérapage dans son contexte. Un épisode de tension et de fatigue, dans une période où la défense de Deschamps lui semblait prioritaire. « J’étais lassé qu’on me parle sans arrêt de Zidane dès que je sortais d’une réunion, conclut-il. Je voulais simplement rappeler que Didier méritait le respect. »

La phrase restera, sans doute, comme un raccourci de son style : tranchant, parfois maladroit, mais toujours sincère.

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