Dans une interview accordée à L’Est-Éclair, Guy Roux a lâché une phrase on ne peut pus sexiste. « Une femme est faite pour mettre des enfants au monde. » Candeloro aurait pu faire la même !
Brutal. Sans fioritures. Et dans la foulée, il a ajouté cette autre idée, tout aussi tranchante : le football ne serait tout simplement pas un sport pour elles. Quand on a passé des années au bord des terrains, à écouter les vestiaires et les discussions d’après-match, on sait reconnaître ce moment précis où une sortie dépasse le simple avis personnel.
Sauf que Guy Roux ne s’est pas arrêté là. Il a parlé de différences physiques, de morphologie, de bassin plus large chez les femmes. Des arguments qu’on a déjà entendus, souvent dans un autre siècle, parfois encore aujourd’hui, murmurés plus que déclarés. Et pourtant, les terrains racontent une autre histoire. Le football féminin progresse, les audiences montent, les stades se remplissent par endroits, même si tout n’est pas linéaire et que les chiffres se contredisent selon les compétitions. On ne sait pas encore jusqu’où ira cet essor, ni à quelle vitesse, mais il est bien réel. Impossible de faire semblant de ne pas le voir quand on couvre ce sport au quotidien.
Alors, provocation ou décalage générationnel ? La frontière est fine. Guy Roux appartient à une époque où le football était un monde presque exclusivement masculin, verrouillé, codifié, parfois brutal dans ses certitudes. Est-ce une volonté de choquer, de provoquer le débat, ou simplement une vision figée qui n’a pas suivi l’évolution du jeu et de la société ? Difficile à trancher. Ce qui est sûr, c’est que ces mots, prononcés aujourd’hui, ne tombent plus dans le vide. Ils résonnent différemment. Et ils rappellent que le football, au-delà des ballons et des résultats, reste un miroir assez impitoyable de son temps.