Foot-fauteuil : easyJet provoque un énorme scandale en humiliant toute une équipe

Stellar Nitro Ultimate Puma Official Serie A matchball seen during the Training Session AC Milan 2026/27 at Milanello. (Photo by Fabrizio Carabelli / SOPA Images/Sipa USA) - Photo by Icon Sport

Tout un pan du sport-santé, humilié sur le tarmac d’un aéroport romain. Voilà le résumé, brutal, d’une affaire qui embarrasse la compagnie easyJet depuis ce mardi et qui, en Italie, a viré à l’incident diplomatique sportif.

Reprenons dans l’ordre. Une sélection italienne de foot en fauteuil électrique — le « powerchair football », pour reprendre l’appellation officielle — devait s’envoler de Rome-Fiumicino en direction de Glasgow. Objectif : un tournoi international de préparation, avec en ligne de mire la prochaine Coupe du monde de la discipline, prévue en Argentine. Un rendez-vous majeur pour ces athlètes. Sauf que le voyage s’est arrêté avant même de commencer.

Refus d’embarquement. Sec. Selon les éléments rapportés, l’équipe s’est vu interdire l’accès à l’appareil, laissant sur le carreau des sportifs venus défendre les couleurs de leur pays. En voilà une nouvelle qui va faire du bruit, et elle en a fait.

Car outre-Alpes, la réaction a été immédiate. Le ministre des Sports, Andrea Abodi, n’a pas mâché ses mots : une situation qu’il a qualifiée d’« absurde et inacceptable ». Difficile de le contredire. Dans la foulée, l’autorité de l’aviation civile italienne, l’ENAC, a lancé une enquête pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce fiasco. Le verdict administratif est attendu.

De son côté, easyJet a choisi la voie de l’apaisement. La compagnie a présenté ses excuses et ouvert, en interne, sa propre investigation. Un mea culpa qui, sur le papier, sonne juste — reste à savoir s’il suffira à éteindre l’incendie. Car sur les réseaux sociaux, l’indignation ne retombe pas.

Comment en est-on arrivé là ? C’est précisément ce que les deux enquêtes devront établir. Problème de gestion des fauteuils en soute, quiproquo sur les procédures liées au matériel médical, cafouillage au comptoir… Les hypothèses ne manquent pas. Mais aucune, à ce stade, ne rend l’affaire plus digeste pour les intéressés.

Il faut mesurer l’enjeu. Le foot-fauteuil n’est pas un loisir anecdotique : c’est une discipline structurée, compétitive, dotée de sélections nationales et d’un calendrier international. Chaque tournoi compte. Rater un stage de préparation à quelques mois d’un Mondial, ce n’est pas seulement un désagrément logistique — c’est une entaille dans un projet sportif construit sur des années. La pilule, forcément, est amère.

Et puis il y a le symbole, plus large. À l’heure où le sport se veut inclusif, où les grandes institutions multiplient les discours sur l’accessibilité, voir une équipe de para-athlètes bloquée au pied de l’avion renvoie une image désastreuse. Le contraste est cruel.

Reste maintenant à attendre les conclusions. Celles de l’ENAC, celles d’easyJet. Le dossier suivra peut-être un chemin réglementaire, peut-être judiciaire — l’Italie n’a pas l’habitude de laisser ce genre d’affaires s’enliser. Une chose est certaine : entre une compagnie sur la défensive et une opinion publique remontée, le feuilleton est loin d’être clos.

Un simple vol raté. Ou presque.

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