Même entre coéquipiers, certaines vérités passent mieux avec un sourire.
Raphinha, 29 ans, n’a pas résisté à l’envie de taquiner Lamine Yamal. Dans une interview pleine de spontanéité accordée à SofaScore, l’ailier brésilien a évoqué la relation un peu trop fusionnelle de la pépite catalane avec son téléphone. Le jeune Espagnol de 18 ans — déjà 9 buts en 18 matchs de Liga — passerait, selon lui, “tout son temps” entre TikTok, Instagram et WhatsApp. Rien d’exceptionnel pour quelqu’un de son âge, sauf que les conséquences se voient, parfois, dès le matin. “Il n’est pas grincheux, mais il est silencieux”, glisse Raphinha. Façon polie de dire que Yamal a souvent du mal à émerger avant la première passe de l’entraînement.
Les mots sont légers, l’observation l’est un peu moins. Dans un vestiaire aussi exigeant que celui du Barça, la discipline se joue sur des détails : le sommeil, la récupération, la concentration. Et Yamal, dont la maturité technique dépasse déjà celle de nombre de joueurs plus âgés, reste un ado dans son fonctionnement quotidien. Raphinha le dit sans malice, parce qu’il reconnaît aussi ses propres travers — lui aussi avoue s’endormir tard à force de “faire défiler”. La génération connectée n’épargne personne, pas même ceux qui incarnent le futur du football mondial.
Entre réseaux et rectangle vert
Ce petit moment de vérité dévoile autre chose : la tension entre deux mondes qui cohabitent mal. Celui du terrain, qui exige régularité et silence intérieur ; et celui des notifications, qui grignote toute disponibilité mentale. Les entraîneurs le savent, mais comment demander à un gamin de 18 ans d’éteindre son monde numérique du jour au lendemain ? Les chiffres diffèrent, les études aussi, sur l’impact réel des écrans sur les performances sportives. Ce qui est sûr, c’est qu’au Barça comme ailleurs, les coachs observent, grincent parfois, mais laissent filer… tant que les buts s’enchaînent. Et pour l’instant, Lamine Yamal marque plus qu’il ne scrolle.


