À l’Espanyol, les supporters donnent de la voix… et leur sang

RCD Espanyol - Photo by Icon Sport

Le 24 février, le RCDE Stadium ouvre ses portes pour une grande collecte de plasma, billets à la clé, avec l’ambition d’inscrire un nouveau record au tableau d’honneur du club.

La scène reste pourtant assez surréaliste. Le stade, d’ordinaire théâtre de chants et de tension, se transforme en banque du sang sous les néons. L’an dernier, 176 dons avaient été enregistrés, un chiffre que le club espère dépasser cette fois encore. À la clé pour les donneurs : une place gratuite pour Espanyol–Getafe, plus deux billets à tarif réduit. Inscription obligatoire en ligne, et consigne stricte : pas de casse-croûte avant le prélèvement, sous peine de se faire gentiment rappeler à l’ordre.

Le timing, lui, interroge. Villarreal le lundi, Getafe dans la foulée : combien de supporters auront encore du jus après avoir tout donné ? Les chiffres ne disent pas tout. Entre les habitués de l’hiver dernier et ceux qui flancheront au premier froid de février, l’équilibre est fragile. Lors d’une précédente édition, j’avais vu un supporter se faire chambrer pendant le prélèvement : « Après le 0-5 contre l’Atlético, t’avais déjà vidé les réserves. » Moqueries mises à part, l’initiative rassemble : ultras, familles, salariés du club, tous répondent présent.

C’est aussi ça, l’Espanyol dans ce qu’il a de plus singulier : un stade capable de passer des chants de tribune aux poches de perfusion en quelques heures. Le billet offert comme levier ? Simple et efficace. Reste à savoir si le record tombera, avec des bras parfois déjà sollicités par les duels du week-end. Une chose est sûre : ici, on ne rechigne jamais à donner pour le club — au propre comme au figuré.

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